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Pour un autre futur !


3/Le second empire (1852-1870) : la naissance du syndicalisme

Publié le 19 Novembre 2012, 13:27pm

3/Le second empire (1852-1870) : la naissance du syndicalisme

La reconnaissance de la classe ouvrière

Le coup d'état du 2 décembre 1851 porte NAPOLEON III au pouvoir, c'est le second Empire. Les républicains, les responsables ouvriers sont pourchassés. Pendant plus de 10 ans le mouvement ouvrier est réduit au silence.

L'année 1860 marque le fin d'une prospérité économique sans précèdent. Devant les difficultés économiques, la bourgeoisie commence à mesurer son appui à NAPOLEON III. Aussi ce dernier tente-t-il de se rallier les classes moyennes et la classe ouvrière en leur faisant quelques concessions dont le mouvement ouvrier va savoir tirer profit. C'est à cette époque que la classe ouvrière affirme sa volonté de se prendre en main et sa soif d'indépendance qui se traduit par un soucis de dignité et un besoin d'éducation. Apparaît l'idée de chambre syndicale considérée comme un instrument nécessaire à l'éducation ouvrière , idée développée par PROUDHON. La volonté de créer leurs propres organisations apparaît ainsi chez les ouvriers comme le seul instrument de leur libération.

Durant les vagues de grèves de 1862 à 1865, les revendications principales sont la baisse de la journée de travail et l'augmentation des salaires !!!!!!

Loi du 25 mai 1864 : droit de coalition II n'est accordé que sous la pression ouvrière et grâce à de nombreuses grèves illégales, mais sa portée est limitée : le délit de coalition est aboli (l'Etat reconnaît ainsi implicitement les organisations ouvrières) mais

sans que les droits d'association et de réunion soient reconnus. Les atteintes à la liberté de l'industrie et du travail ainsi que les violences sont réprimées.

28 septembre 1864 : création de l'Association Internationale des travailleurs à Londres (L’internationale)

Les statuts en sont écrits par Karl Marx. Sa revendication essentielle est les 3x8 (8 heures de travail, 8 heures de détente, 8 heures de repos).

Comme en 1862 à l'exposition universelle de Londres, en 1867 l'Empereur autorise la présence d'une délégation ouvrière à l'exposition universelle de Paris. C'est la reconnaissance tacite par l'Empereur de la liberté syndicale. Le but poursuivi par les chambres syndicales est bien de bâtir un nouveau droit du travail en participant à l'élaboration des conditions de travail.

En 1870, en raison de la conjoncture politique et économique NAPOLEON III se rend compte qu'il est abandonné par ses partisans. Il comprend que, seule une victoire militaire peut lui redonner son prestige d'antan, il se lance alors dans une guerre contre les prussiens. Mais l'Empire s'écroule à Sedan le 2 septembre et la République est proclamée le 4 septembre. L'armistice est signée le 28 janvier 1871.

Commune de Paris.

18 Mars-27 Mai 1871 :Après un siège qui affama la population parisienne et la capitulation, des élections aboutissent à la constitution d'un gouvernement dirigé par Thiers. Le gouvernement supprime la solde des gardes nationaux et le moratoire sur les loyers. L'Assemblée, pour sa part, décide de ne pas s'installer à Paris mais à Versailles. À ces mesures impopulaires et vexatoires, s'ajouta l'imminente occupation de Paris par les troupes allemandes. La population se saisit des canons qui devaient être livrés aux Allemands, Thiers tente de les reprendre et de procéder à de nombreuses arrestations. Le 18 mars, alors que l'émeute est encore limitée, Thiers retire ses troupes de Paris, vraisemblablement pour laisser se développer la révolte et ainsi mieux l'écraser. L'insurrection, révolte nationale, communale. Mais celle-ci est écrasée durant la semaine sanglante du 21 au 28 mai 1871. La répression qui s'en suit est extrême ( 25 à 30000 victimes). Le mouvement ouvrier qui n'a plus de leader est plongé dans des années de silence.

1872 : suppression du droit de grève La loi "Dufaure" suspend " la loi 1864 sur le droit de grève

Malgré la loi sur l'état de siège qui est maintenue jusqu'en 1876, les ouvriers continuent de vouloir s'organiser et en 1879 se crée la première fédération nationale des métiers : celle des ouvriers chapeliers. Au niveau politique, durant cette même année, la moyenne bourgeoisie remplace au pouvoir les anciennes classes dirigeantes aristocratiques. Cette nouvelle majorité accorde la grâce aux condamnés de la Commune; l'amnistie est votée en 1880.

La naissance du syndicalisme

21 mars 1884 : vote de la loi Waldeck-Rousseau qui abroge la loi contre les associations. Cette loi permet aux travailleurs de s'organiser en créant leur syndicat bien entendu à l'extérieur de l'usine. Cependant, le développement des syndicats se fait à une autre allure très mesurée et rencontre une certaine méfiance ouvrière qui voit dans la loi Waldeck-Rousseau une manoeuvre de

l'Etat bourgeois destinée à mieux contrôler le mouvement ouvrier, à s'immiscer dans son action. Ceux des ouvriers qui, malgré tout, tentent de créer ou d'adhérer à un syndicat rencontrent l'hostilité féroce des patrons.

1er mai 1886 aux Etats Unis 5000 grèves sont enregistrées et 150 000 ouvriers obtiennent les 8 heures.

3-4 mai 1886 massacre de Haymarket (Chicago) Une grève, le 1er mai, entraîne un affrontement entre "jaunes", grévistes, et la police privée de l'usine Mac Cormick. Le 3, l'intervention de la police fait 4 morts et de nombreux blessés parmi les grévistes. Le 4

mai, lors d'un meeting de protestation autorisé par le maire, une bombe explose dans les rangs de la police : 7 morts, 59 blessés. S'ensuivent arrestations, condamnations. Les 5 organisateurs du meeting sont arrêtés, condamnés à mort et pendus. D'autres resteront

emprisonnés. Ces événements seront à l'origine du choix du premier mai comme journée de lutte et de revendications ouvrières.

1887 : 1ère Bourse du travail à Paris D'autres Bourses se créeront rapidement en province. Leur rôle est à la fois social, moral, éducatif et revendicatif. Dans les locaux mis à leur disposition par les municipalités, les chambres syndicales assurent un

service de mutualité (bureau de placement, secours en cas de chômage, de maladie, d'accident...), d'enseignement

(professionnel et général : cours du soir avec les premiers instituteurs laïcs), mais elles s'occupent aussi de propagande (création de syndicats) et de résistance (organisation de grèves). Fernand Pelloutier, nommé Secrétaire Général de la Fédération des Bourses, revendique leur indépendance complète et s'attache à remplacer l'égoïsme corporatif par la solidarité interprofessionnelle.

En France , la première journée de manifestation du "1er mai" est organisée en 1890, l'objectif, la réduction de la journée de travail à 8 heures. A Paris une délégation (Organisations syndicales, Bourse du travail et socialistes dont Edouard Vaillant, Jules Guesdes et le père Thivrier) apporte au Palais Bourbon leurs revendications (82 pétitions). 10 000 manifestants place de la Concorde.

En 1891 l'idée est reprise, mais à Fourmies la troupe tire et fait 10 morts dont 2 enfants et une trentaine de blessés. Le 1er mai à pris désormais une valeur symbolique et est choisi comme date traditionnelle des revendications ouvrières.

15 mai 1891 :

Parution de l'encyclique "Rerum Novarum" sur les conditions des ouvriers.

Comme toutes les forces politiques, sociales, l'Eglise catholique est interpellée par l'action, l'organisation du mouvement ouvrier.

L'Eglise, à cette époque, est profondément tournée vers le passé. Elle a gardé la nostalgie du régime royaliste. A défaut de royauté, elle épaule le milieu conservateur, aristocrate de la haute bourgeoisie.

Certains penseurs catholiques ont cependant pris conscience de la misère ouvrière difficilement dissimulable, mais leurs propos n'ont pas été pris en considération ou très peu. C'est dans ce contexte que le Pape LÉON XIII publie l'Encyclique Rerum Novarum sur la condition ouvrière. Il constate la misère ouvrière : « la richesse a afflué entre les mains d'un petit nombre et la multitude a été laissée dans l'indigence », « Les hommes des classes inférieures sont, pour la plupart, dans une situation d'infortune et de misère imméritée ». Pourquoi ? Parce que les corporations qui les protégeaient ont été détruites, parce que l'Etat a rejeté « tout principe et tout sentiment religieux », à cela s'ajouteront les fautes des « maîtres humains » et « la cupidité d'une concurrence effrénée », « une usure dévorante » et la « concentration entre les mains de quelques-uns de l'industrie et du commerce devenus le partage d'un petit nombre de riches et d'opulents qui imposent un joug presque servile à l'infinie multitude des prolétaires ».

Quels sont les remèdes ? Après avoir affirmé « l'inanité de toute action en dehors de l'Eglise » et condamné les théories socialistes, le Pape précise : « L'homme doit accepter cette nécessité de sa nature qui rend impossible dans la société civile l'élévation de tous au même niveau... Il y aura toujours entre les citoyens des inégalités de conditions sans lesquelles une société ne peut exister ni être conçue ». Il faut donc que les deux classes s'unissent et développent les « Institutions chrétiennes ». Certains travailleurs catholiques fondent des syndicats chrétiens. Il existe aussi des syndicats mixtes patrons et ouvriers comme dans la région lyonnaise ou dans le Nord. Les employés catholiques fondent en 1906 leur premier syndicat, le syndicat « des petits carreaux ».

En 1891, c'est la signature de la première "Convention Collective" dans les mines du Nord et du Pas-de-calais. Une loi du 2 novembre 1892 améliore la protection du travail des femmes et des enfants en limitant à 13 ans l'âge d'entrée dans l'usine.

En juin 1893, création de la loi sur l'hygiène et la sécurité des travailleurs.

Du 23 au 28 septembre 1895: 28 fédérations, 18 bourses du travail, 26 chambres syndicales se réunissent à Limoges et créent la C.G.T., ils apportent un élément supplémentaire inscrit dans les statuts: "Les éléments constituants la Confédération Générale du Travail devront se tenir en dehors de toutes les écoles politiques. La C.G.T a exclusivement pour objet d'unir sur le terrain économique et dans les liens d'étroites solidarité, les travailleurs en lutte pour leur émancipation intégrale ".

18 avril 1904 : Jean Jaurès fonde le quotidien socialiste "l'Humanité"

A coté du syndicalisme unifié, les différents partis socialistes discutent de leur rapprochement en deux grandes organisations :

· le Parti Socialiste de France marxiste qui regroupe les blanquistes, les allemanistes et les anciens du parti ouvrier français avec GUESDE, VAILLANT, CACHIN ;

· le Parti Socialiste Français avec JAURES, BRIAND.

En 1905, au congrès de Paris est fondé le parti Socialiste unifié PSU, section française de l'internationale Ouvrière dont Jean Jaurès est le leader. Il y a ainsi un seul syndicat et un seul parti pour défendre la classe ouvrière. Face à cette situation, les syndiqués sont partagés. Le syndicat doit-il collaborer avec le parti ?

1906 : création du Ministère du travail

1er mai 1906, un événement considérable : C'est la 1ère campagne nationale de la CGT pour la journée de 8 heures. Clemenceau craint une montée révolutionnaire et fait investir Paris par l'armée. Griffuelhes est arrêté, de nombreuses perquisitions ont lieu. Il y eut 100000 grévistes, chiffre considérable car cela entraînait souvent le renvoi. Le mouvement révolutionnaire craint par clemenceau n'eut pas lieu, mais de violentes bagarres se produisirent dans le quartier de la République et durant 24 heures,

la France a été paralysée par la grève générale.

13 juillet 1906 : loi généralisant le repos hebdomadaire. II a fallu dix-huit mois de lutte syndicale ininterrompue. La semaine de travail n'est plus que de six jours et la semaine de 60 heures (versus 7 jours de 12 heures soit 84 heures par semaine).

La charte d'Amiens votée le 13 octobre 1906, « affirme avec vigueur le principe de l'indépendance du syndicalisme à la fois devant le patronat, devant les partis politiques et devant l'Etat. »

Une fois cette indépendance affirmée, les syndicalistes doivent définir leurs moyens d'actions syndicales. La pratique des militants révolutionnaires s'avère originale: c'est l'action directe. Le syndicalisme révolutionnaire recommande trois armes: la grève, le boycottage, le sabotage ......

Certaines fédérations ne suivent pas cette orientation et préconisent d'obtenir certaines réformes par des voies conciliantes. Elles confirment les grandes orientations du syndicalisme français:

· reconnaissance de la lutte de classe;

· lutte pour la suppression du salariat et du patronat ;

· prise en charge de l'économie par le syndicat devenant "groupement de production et de répartition, base de réorganisation sociale" ;

· la grève générale comme moyen d'action.

La fédération du bâtiment se constitue en 1907, celle des métaux en 1908. En 1910, on compte 76 fédérations.

1907 : lutte des carriers de Vïlleneuve-Saint-Georges

Ils sont mitraillés par la police; on dénombre 8 morts. La CGT placarde une affiche condamnant ce "gouvernement d'assassins".

1er mai 1909 : pour la retraite des vieux travailleurs. A la revendication de la journée de 8 heures, s'ajoutait une opposition au projet gouvernemental, très insuffisant, de retraite des travailleurs et le rappel de la résolution du congrès de 1903 réclamant le droit aux soins.

5 avril 1910 : loi sur les retraites ouvrières et paysannes à 65 ans

1910 : 1ère édition du Code du travail

18 octobre 1910 : Grève de l'ensemble des cheminots et des postiers

II y aura 3300 révocations chez les cheminots et 500 révocations chez les postiers

La première scission

Cependant, à la veille du conflit mondial, les conceptions évoluent. Les leaders syndicalistes se rendent compte que la classe ouvrière n'est pas suffisamment puissante pour entreprendre une action d'envergure. Aussi certains pensent qu'il est préférable de créer une organisation plus solide et en 1912 au congrès du Havre, il est décidé que tout syndicat doit d'abord adhérer à une fédération et à une bourse et que dans un même département, les bourses doivent se grouper en une union départementale.

31 juillet 1914 : assassinat de Jaurès

4 août 1914 : déclaration de guerre

La première guerre mondiale a bouleversé le mouvement ouvrier en même temps qu'elle a désorganisée le paysage politique. Les Unions Départementales ont remplacé les bourses du travail.

En décembre 1918 le comité confédéral est élu pour 2 ans et groupe les représentants des fédérations et des unions départementales, un secrétaire général et une commission de trente membres est nommée.

1919 - Création de la CFTC,

Basé sur le célèbre « Rerum Novarum » surtout implantée en milieu employé. Sa naissance discrète, son peu d'influence jusqu'à la seconde guerre mondiale ne peuvent masquer deux éléments majeurs : l'introduction du pluralisme syndical dans la vie française, et sa justification par un engagement idéologique (ici, la religion). A la veille du 1er mai 1919 le gouvernement CLEMENCEAU, fait voter une loi créant la journée de 8 heures. La vieille revendication ouvrière de 1886 est satisfaite.

En décembre 1920 au sein du parti socialiste une large majorité se prononce favorablement pour le soutien de la révolution RUSSE. Les vainqueurs donnent à leur formation le nom de P.C. , et prennent le contrôle du journal "L'humanité". La scission politique du parti socialiste va précéder de quelques mois la scission syndicale.

En décembre 1921 les syndicats qui soutiennent la révolution RUSSE créent la C.G.T. Unitaire. C'est la fin de l'unité syndicale ouvrière. La C.G.T.U va vite connaître des difficultés. Dans cette centrale cohabitent, des Bolchevistes en plein accord avec Moscou, des syndicalistes révolutionnaires et des anarchistes. Les liens avec le P.C se resserrent dans la lutte du prolétariat contre le capitalisme.

Le 24 octobre 1929, toutes les valeurs s'effondrent à la bourse de New York. Le spectaculaire Krach boursier du "Jeudi Noir" est le prélude à la grande crise économique.

1932 : droit de se syndiquer pour les fonctionnaires

Septembre 1934, la France n'est pas seulement touchée par la crise économique. Elle est aussi atteinte par la tension internationale qui résulte de l'arrivée d'HITLER au pouvoir. Devant la menace du fascisme, la CGT et la CGTU engage le dialogue en vue d’une réunification .

5 mai 1936 :

victoire de la gauche au second tour des législatives permettant la mise en place d'un gouvernement de Front populaire, CGT et CGTU avaient participé à l'élaboration du programme du Rassemblement populaire

2 juin 1936 : grève générale, début juin 1936 : les grèves atteignent leur apogée Les usines sont occupées; la France est paralysée.

4 juin 1936 : constitution du cabinet Léon Blum. Un gouvernement de front populaire se met en place. Il durera jusqu'au 22 juin 1937. Jean Lebas est ministre du travail. Les communistes n'y participent pas mais s'engagent à le soutenir.

Ensuite tout va très vite, le 23 août 1939 on apprend la signature du pacte d'amitié germano-soviétique qui établit une véritable solidarité entre les deux pays (Allemagne-URSS). Les communistes de la CGT choisissent de soutenir STALINE. Cette fois l'union n'est plus possible. En 1939, comme en 1921, les communistes quitte la CGT, en 1921 volontairement, en 1939 ils sont exclus, c'est la désagrégation du front populaire.

Dissolution le 9 novembre 1940 de la CGT et de la CFTC par Pétain. Le 15 novembre, signature par neuf dirigeants de la CGT et de la CFTC du "Manifeste" tentant de préserver l'indépendance du syndicalisme. Sous la direction de Benoît Frachon, le courant révolutionnaire conduit la lutte syndicale clandestine.

Le 22 juin 1941 une fois que l'URSS est envahie par l'armée Hitlérienne, la lutte contre le IIIème REICH devient alors l'objectif numéro un, ce qui provoque la réunification de la CGT le 17 avril 1943.

Le 18 août 1944 la CGT et la CFTC unies en un " comité inter confédéral d'entente syndicale" lancent un appel en faveur de la grève générale qui hâte la libération du territoire.

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