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Pour un autre futur !


1/Avant la revolution de 1789

Publié le 25 Octobre 2012, 12:21pm

1/Avant la revolution de 1789

De la fin du Moyen age au 15 e siècle , la société est largement féodale et presque exclusivement agricole.

Sous l’Ancien Régime, les métiers sont organisés en communautés.

Il ne faut donc pas concevoir la condition ouvrière de cette époque comme celle du XIXe ou du XXe siècle.

Les corporations, les jurandes, les syndics et les confréries regroupent les artisans, les marchands, les artistes

Les membres des corporations sont apprentis, compagnons ou maîtres. Gardes ou jurés, tantôt élus par les maîtres,

tantôt désignés par la jurande, administrent la communauté de métier .

Les corporations , strictement réglementées et contrôlées, disposent de ressources propres.

Avant 1789, les rapports de travail étaient régis par les mœurs, avec des regroupements de maîtres, compagnons et apprentis exerçant la même profession, et souvent dans un même quartier. Dès le moyen age , il existe en France toute une organisation s' interessant aux problèmes du travail .Les travailleurs manuels, qu’ils soient ouvriers ou paysans, se dotent d’organisations collectives.

Les corporations

Elles naissent au XIème siècle. Elles avaient pour rôle premier la protection des métiers contre la concurrence des autres artisans et les exactions des seigneurs qui étaient les propriétaires des villes. Elles étaient hiérarchisées : les maîtres, les valets ou compagnons et les apprentis. Elles harmonisaient les techniques de production, la qualité et les quantités produites, et les prix. Les marchands eux avaient créé les hanses et les ghildes dans les mêmes buts C’est à travers ces organisations que ces bourgeois ont lutté pour obtenir des chartes ou la liberté des villes et qu’ils ont créé les communes ou municipalités.

Ces libertés partielles ou complètes ont été obtenues par la violence (soulèvements contre le seigneur) ou par rachat. Il faut souligner que la bourgeoisie mobilisait les autres composantes de la plèbe derrière elle pour ces luttes. Ainsi, les compagnons et les apprentis étaient les alliés de leurs maîtres. La fracture n’était pas encore nette entre eux. Le compagnon pouvait au début, accéder facilement à la maîtrise et l’apprenti vivait parfois sous le toit du maître. Il y effectuait tous les travaux (y compris ménagers).

Les confréries

Elles se sont développées parallèlement aux corporations. Elles étaient d’essence religieuse (la religion modulait toute la vie et l’église et l’Etat était confondus). La noblesse, les seigneurs, était laïque et ecclésiastique. La confrérie s’adonnait au culte du Saint patron du métier. Son but était la pratique de la charité ou solidarité. Elles deviendront plus tard des sociétés de bienfaisance ou de secours mutuels. Mais vers le XVème siècle, les maîtres s’accaparent les avantages de ces confréries. Les compagnons créèrent alors les leurs propres. Elles donneront aux compagnons d’autres opportunités ; celle par exemple de soutien aux actions de grève. En effet, avec l’évolution, leurs conditions de vie et de travail s’étaient dégradées. Il était devenu presqu’impossible d’accéder à la maîtrise surtout avec l’institution de l’épreuve du chef d’œuvre. La maîtrise était presqu’exclusivement réservée aux fils de maîtres. Leurs confréries devinrent des soutiens aux actions de grèves (le tric). Les caisses de solidarité se transformèrent en caisse de soutien. Les luttes sourdes entre exploiteurs et exploités se manifestaient ainsi sous leur couvert. Les imprimeurs de Lyon utilisèrent ainsi leur « bourse commune » comme caisse de secours lors de leur grève de 1539 portant sur le taux des salaires, la durée du travail et la limitation du nombre d’apprentis. C’est à cette occasion que le premier texte anti-syndical de l’histoire du mouvement ouvrier français fut pris par la monarchie. Il s’agit de l’ordonnance de Villers-Cotterêts de 1539 signée par François 1er « interdisant au nom de l’ordre public toute coalition ouvrière ou patronale »

Extrait de l'ordonnance de Villers-Cotterêts.

Art. 185 – Que suivant nos anciennes ordonnances et arrests de nos cours souveraines, seront abattues, interdites, et défendons toutes confrairies de gens de mestier et artisans par-tout notre royaume.

Art. 186 – Et ne s’entremettront, lesdits artisans et gens de mestier, sur peine de punition corporelle, ains seront tenus dedans deux mois après la publication de ces présentes, faire en chacune de nosdites villes, apporter et mettre pardevers nos juges ordinaires des lieux, toutes choses servans, et qui auroient esté députées et destinées pour le fait desdites confrairies, pour en estre ordonné, ainsi que verront estre à faire.

Art. 187 – Et à fante d’avoir faict dedans ledit temps, seront tous les maistres du mestier constitués prisonniers, et jusques à ce qu’ils auront obéi, et néantmoins condamnés en grosses amendes envers nous, pour n’y avoir satisfaict dedans le temps dessusdict.

Art. 188 – Et pour passer les maistres desdits mestiers, ne se feront aucunes disnées, banquets, ni convis, ni autres despens quelconques, encore qu’on le vousist faire volontairement, sur peine de cent sols parisis d’amende, à prendre sur chacun qui auroit assisté audict disner ou banquet.

Art. 189 – Et sans faire autre despense, ne prendre aucun salaire par les maistres du mestier, voulons qu’ils soient tenus recevoir à maistrise icelui qui les requerra incontinent après qu’il aura bien et duement fait son chef-d’oeuvre, et qu’il leur sera apparu qu’il est suffisant.

Art. 190 – Lequel toutesfois nous déclarons inhabile et incapable de la maistrise, au cas qu’il auroit fait autre despense que celle de son chef-d’oeuvre pour parvenir à ladite maistrise, et l’en voulons estre privé et débouté par nos juges ordinaires des lieux ausquel la cognoissance en appartient.

Les compagnonnages .

Les progrès du capitalisme entraînent une cristallisation des classes. La fracture entre maîtres et compagnons s’accentuent et les conflits avec des interventions plus ouvertes des pouvoirs publics contre les travailleurs organisés se multipliaient et ce, aux XVIIème et XVIIIème siècles. Les compagnons créent les compagnonnages. Ils se sont développés au sein des corporations avec lesquels ils sont entrés en contradiction. Ils s’étaient donné pour mission « la défense des pauvres, la défense des plus faibles ». Par le « Tour de France » que les compagnons accomplissaient, le compagnonnage avait tissé un réseau serré de relations à travers le royaume. Ils sont restés des sociétés secrètes jusqu’au XVIIIème siècle pour éviter les interdictions et la répression. Les compagnonnages ont un goût du rite mystérieux dont la franche maçonnerie a hérité. Une des actions mémorables des compagnonnages fut la grève des compagnons drapiers de Darnental (pays rouennais) en 1697, qui dura près d’un mois. Mais avec l’avènement du capitalisme comme système dominant, le compagnonnage se révéla comme une structure réactionnaire. Il s’opposera par endroit même à la création de syndicats moderne.

La plupart du temps ces organisations ont une composition multiclassiste, c’est à dire qu’elles recrutent les membres de différentes classes sociales .

Le compagnonnage reproduit ce schéma, on retrouve en son sein le poids déterminant de l’église et des « maîtres » (les patrons artisans).

Le 17 juin 1789 (100 ans après le message du Sacré Cœur à Louis XIV), les députés du Tiers-Etat se réunirent à part et se déclarèrent Assemblée nationale : c’était remplacer la souveraineté du roi par la souveraineté de la nation.

En 1789, la liberté des individus est proclamée : le régime corporatif et les groupements sont supprimés.

Le 2 et 17 mars 1791 par le decret d'Allarde , la constituante supprime les corporations et proclame la totale liberté des métiers ( liberté d'entreprendre )

Le décret d’Allarde supprime les corporations, introduisant un changement radical dans l’économie et l’organisation du travail. Les corporations étaient des regroupements de personnes exerçant le même métier. Cette structure née au Moyen-Âge permettait à un corps de métiers d’exercer un monopole par secteur, souvent par ville, et d’avoir un certain poids politique. Mais elle subissait depuis le début du siècle la concurrence avec un modèle industriel capitaliste reposant sur la libre concurrence.

Extrait du "Décret" d'Allarde.

Loi du 2-17 mars 1791 portant suppression de tous les droits d'aides, de toutes les maîtrises et jurandes et établissement des droits de patente :

Article 7 : A compter du 1er avril prochain, il sera libre à toute personne de faire tel négoce ou d'exercer telle profession, art ou métier qu'elle trouvera bon ; mais elle sera tenue de se pourvoir auparavant d'une patente, d'en acquitter le prix suivant les taux ci-après déterminés et de se conformer aux règlements de police qui sont ou pourront être faits.

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